LES LIEUX
phot 
LE RÉALISME
DU RÉEL A L'IMAGINAIRE

Le roman se déroule dans les lieux qui ont marqué l’enfance d’Alain-Fournier, même si les toponymes ont été partiellement ou totalement modifiés. L’écrivain choisit le réalisme dans des descriptions qui situent quasi géographiquement l’action.
Elles se caractérisent par une volonté de banaliser le quotidien, tout en mettant l’accent sur le rôle des sensations.
Il privilégie également les lieux clos ou cachés aux regards.

Le film témoigne de cette même volonté de réalisme, notamment grâce aux décors et accessoires : l’extrait reconstitue une salle de classe qui intègre tous les éléments mentionnés dans le roman, banc, poêle, matériel scolaire… On observe aussi le choix du réalisateur qui vise à restituer l’atmosphère du roman, et l’enfermement qui lui est propre.

Cependant le glissement du réel à l’imaginaire est omniprésent dans le roman, dès le moment où s’amorce « l’aventure », avec un paysage sans cesse prêt à se transformer.
Cette plongée dans l’imaginaire crée un espace labyrinthique, favorable à l’errance du héros, à sa quête initiatique.
Pour suggérer l’entrée dans ce monde irréel le cinéaste, joue, lui, sur la lumière, ses contrastes et ses reflets.

L’extrait montre un des « lieux de passage », encore ancré dans le réel par la ligne du chemin coupée par la verticalité des arbres. Mais déjà les jeux d’ombre et de lumière installent le thème de la recherche de l’idéal perdu. Pour les instants où cet idéal est atteint, il reproduit, par le mouvement de la caméra, le vertige et le flou du rêve.